Les plus beaux villages du Luberon : lesquels voir et dans quel ordre
Le Luberon se raconte souvent en adjectifs : lumineux, préservé, authentique. C’est vrai, et parfaitement inutile quand on cherche à savoir où aller. Voici donc les villages qui valent le détour, ce qu’on y trouve, et dans quel ordre les enchaîner au volant. En tant que guide de rallyes touristiques, c’est une région que je parcours plusieurs fois par an, et je sais où l’on perd son temps.
Les cinq villages classés Plus Beaux Villages de France
Le label distingue des communes de moins de deux mille habitants, au patrimoine architectural remarquable. Cinq villages du Luberon le portent.
| Village | Ce qui le distingue | Le point de vue |
|---|---|---|
| Gordes | Le plus célèbre. Bâti en spirale sur son rocher, au bord des monts de Vaucluse. Maisons en pierre sèche, château de 1031, abbaye de Sénanque à quelques minutes. | La terrasse du château |
| Roussillon | Le village ocre, aux façades rouges et jaunes. Le Sentier des Ocres traverse les anciennes carrières d’extraction. | Les falaises au coucher du soleil |
| Ménerbes | Onze cents habitants sur un éperon rocheux en forme de vaisseau. Village d’artistes et d’écrivains, ruelles étroites et bastides. | Le belvédère, sur la garrigue et les vignes |
| Lourmarin | Pierres grises, allée de platanes, château Renaissance. À l’entrée de la combe qui relie le petit et le grand Luberon. | Depuis la route de la combe |
| Ansouis | Le plus discret des cinq. Son château, habité par la même famille pendant huit siècles, domine la vallée d’Aigues. | Les jardins en terrasse du château |
Les autres villages perchés qui méritent le détour
Le label n’a jamais fait le charme d’un village. Plusieurs autres valent largement l’arrêt, et ont l’avantage d’être moins fréquentés.
- Bonnieux — le parvis de l’église haute ouvre sur toute la vallée du Calavon. Marché le vendredi.
- Lacoste — les ruines du château de Sade dominent le village, restauré par Pierre Cardin.
- Oppède-le-Vieux — longtemps abandonné, relevé depuis. Le village le plus atmosphérique du massif.
- Saignon — son rocher de Bellevue offre l’un des plus beaux panoramas du Luberon.
- Cucuron — son bassin bordé de platanes, au cœur du village.
- Goult et Saint-Saturnin-lès-Apt — deux arrêts sans foule, sur la route entre les ocres et le Calavon.
- Rustrel — le Colorado provençal prolonge les ocres de Roussillon, en plus sauvage.
Un itinéraire d’une journée, du nord au sud
Le Luberon se divise en deux versants séparés par le massif. La combe de Lourmarin est le passage naturel de l’un à l’autre, et c’est elle qui structure toute journée cohérente.
Le matin, restez au nord : Gordes en premier, tôt, avant les cars. Puis Roussillon et le Sentier des Ocres, quand la lumière est encore franche. Redescendez par Goult, puis Ménerbes et Lacoste, deux villages qui se suivent sur la même crête.
Déjeunez à Bonnieux, qui domine la vallée. L’après-midi, franchissez la combe de Lourmarin : c’est la plus belle route du massif, étroite et sinueuse, taillée dans la roche. Elle débouche sur Lourmarin, puis Cucuron et Ansouis, dans un sud plus calme et plus agricole.
Comptez la journée entière, pas la demi-journée. Les distances sont courtes mais les routes lentes, et chaque village demande au moins une halte à pied.
Quand venir
| Période | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Mars à mai | Routes calmes, lumière claire, villages qui vivent encore à leur rythme. La meilleure période pour conduire. |
| Juin | Journées longues, trafic encore mesuré. Cyclistes nombreux le week-end. |
| Juillet et août | Chaleur marquée, axes principaux chargés, stationnement difficile dans les villages. Partez tôt ou en fin de journée. |
| Septembre | Lumière dorée, vendanges, retour au calme en semaine. Le second meilleur moment. |
Les marchés structurent la semaine : vendredi à Lourmarin et à Bonnieux, samedi à Apt, le plus grand du massif. Ce sont de bons repères pour organiser une journée, mais aussi des jours où le stationnement se complique.
Conduire dans le Luberon : ce qu’il faut savoir
Ces routes ne ressemblent à rien d’autre en Provence, et elles imposent leurs règles.
- Les voies sont étroites. Murets en pierre sèche, absence d’accotement, croisements délicats. On roule doucement, ou on n’en profite pas.
- Les cyclistes sont partout, surtout de mai à septembre et le week-end. Anticipez dans les virages sans visibilité.
- Les tracteurs aussi. C’est un territoire agricole avant d’être touristique.
- Le stationnement est le vrai sujet. Les villages perchés disposent de parkings en contrebas, souvent payants en saison. Se garer dans les ruelles n’est ni possible ni apprécié.
- Faites le plein avant. Les stations sont rares dès qu’on quitte les axes principaux.
Parcourir le Luberon en rallye touristique
Ces villages et ces routes figurent parmi les terrains de notre rallye touristique en Provence. Le principe rejoint ce que je décris ici : un rythme choisi, des itinéraires repérés à l’avance, des étapes retenues pour la table et le point de vue plutôt que pour le chronomètre.
Le groupe est limité à quinze voitures et roule en convoi derrière une voiture ouvreuse. Sur des routes aussi étroites, cela change beaucoup de choses : personne ne cherche son chemin, personne ne se retrouve seul devant une intersection incertaine, et le stationnement dans les villages est réglé à l’avance.
Les dates figurent dans l’agenda des séjours, aux côtés de nos autres rallyes touristiques pour GT et supercars, notamment le séjour Verdon-Monaco et le rallye dans les Cévennes.
En résumé
Cinq villages classés — Gordes, Roussillon, Ménerbes, Lourmarin, Ansouis — et une poignée d’autres qui valent tout autant, de Bonnieux à Oppède-le-Vieux. Une journée complète pour les enchaîner du nord au sud, par la combe de Lourmarin. Mars à mai et septembre pour la lumière et le calme. Et des routes étroites qui récompensent ceux qui acceptent de ralentir.



