Les 24 Heures du Mans : technologies de course dans les supercars
Depuis 1923, les 24 Heures du Mans servent de banc d’essai à ciel ouvert : une voiture doit y rouler vite, de jour comme de nuit, sans casser. Freins à disque, moteurs diesel, propulsion hybride : plusieurs technologies aujourd’hui banales sur la route y ont gagné leurs galons. Voici l’histoire de la course en chiffres vérifiés, et ce qu’elle a réellement apporté aux voitures que nous conduisons.
Les 24 Heures du Mans en chiffres
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Première édition | 26 et 27 mai 1923, remportée par André Lagache et René Léonard sur Chenard & Walcker, avec 2 209 km parcourus |
| Longueur du circuit | 17,262 km en 1923, environ 13,6 km aujourd’hui |
| Record de distance | 5 410,713 km en 2010, par l’Audi R15 TDI plus de Timo Bernhard, Romain Dumas et Mike Rockenfeller, à 225,228 km/h de moyenne |
| Vitesse de pointe record | 405 km/h, par Roger Dorchy sur WM P88 en 1988, dans la ligne droite des Hunaudières |
| Constructeur le plus titré | Porsche, 19 victoires, devant Audi (13) |
| Pilote le plus titré | Tom Kristensen, 9 victoires, de 1997 à 2013 |
| Édition 2026 | 94e édition, remportée par la Toyota n°7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries devant 350 105 spectateurs |
Le circuit de la Sarthe et la ligne droite des Hunaudières
Le circuit emprunte en grande partie des routes ouvertes le reste de l’année. Son tracé initial de plus de 17 km pénétrait jusque dans le quartier de Pontlieue, au Mans ; il est raccourci à environ 13,5 km en 1932. Sa portion la plus célèbre est la ligne droite des Hunaudières, que les anglophones appellent Mulsanne Straight. Jusqu’en 1989, elle se parcourait d’une traite : c’est là que la WM P88 de Roger Dorchy a atteint 405 km/h en 1988. Deux chicanes y sont installées dès l’édition 1990, faisant redescendre les vitesses maximales vers 340 km/h.
Ce que l’endurance a apporté à la route
Les freins à disque
En 1953, Jaguar remporte la course avec des C-Type équipées de freins à disque Dunlop. Face à des concurrents encore dotés de tambours, elles peuvent freiner plus tard et plus souvent sans perdre d’efficacité à la chaleur. La démonstration accélère l’adoption du disque sur les voitures de série dans les années qui suivent ; aujourd’hui, les supercars utilisent couramment des disques en carbone-céramique, une technologie elle aussi passée par la compétition.
Le diesel et l’efficience
En 2006, l’Audi R10 TDI devient la première voiture à moteur diesel à gagner au Mans, puis récidive en 2007 et 2008. L’argument est simple : moins d’arrêts au stand grâce à une consommation réduite. C’est d’ailleurs une Audi diesel, la R15 TDI plus, qui détient depuis 2010 le record de distance, battant les 5 335 km de la Porsche 917 de 1971.
L’hybride
En 2012, l’Audi R18 e-tron quattro est la première hybride victorieuse. Porsche lui succède avec la 919 Hybrid, gagnante de 2015 à 2017, puis Toyota avec cinq victoires consécutives de 2018 à 2022. La récupération d’énergie au freinage, mise au point sur ces prototypes, se retrouve aujourd’hui sur les supercars hybrides de route, de la Ferrari SF90 à la LaFerrari. La Formule 1 a suivi le même chemin à partir de 2014.
L’ère des Hypercars
Depuis 2021, la catégorie reine accueille des Hypercars dont l’apparence se rapproche davantage des voitures de route. Ferrari y fait son retour avec la 499P et domine la course de 2023 à 2025, avant que Toyota ne reprenne la victoire en 2026. Cette édition réunit 18 Hypercars de huit constructeurs : Aston Martin, Toyota, Cadillac, BMW, Genesis, Ferrari, Alpine et Peugeot. Aston Martin y engage notamment la version course de la Valkyrie, auteure du meilleur temps de la journée test.
Des duels devenus légendes
Ferrari signe sa première victoire au Mans dès 1949, avec Luigi Chinetti, du vivant d’Enzo Ferrari. Dans les années 1960, Ford s’attaque à cette domination avec la GT40, une histoire que nous racontons dans notre article sur la Ford GT. L’endurance inspire encore des projets routiers, comme la Laffite LM1.
De la piste à la route ouverte
Les supercars nées de cet héritage s’expriment aussi loin des circuits. Nos rallyes touristiques pour GT et supercars les emmènent sur des routes repérées à l’avance, sans chronomètre : quinze voitures au maximum, conduite en convoi derrière une voiture ouvreuse, de 3 000 à 7 500 € par équipage. Les dates figurent dans l’agenda.



