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McLaren 720S vs Ferrari F8 Tributo : quelle supercar choisir ?

Le 17 février 2026 - 15 minutes de lecture
McLaren 720S vs Ferrari F8 Tributo : quelle supercar choisir ?
Rallyes touristiques pour GT et SuperCars

Dans l’univers des supercars, certaines confrontations disent plus de choses sur notre époque que de longs essais techniques. Entre la McLaren 720S et la Ferrari F8 Tributo, il ne s’agit pas seulement de comparer deux fiches techniques spectaculaires. Ces deux coupés à moteur central incarnent deux visions de l’automobile de prestige à l’ère des normes environnementales renforcées, de l’électrification annoncée et d’un certain désenchantement vis-à-vis de la voiture. En tant que cofondatrice de rallyes touristiques, je vois dans ce duel autant un débat d’ingénieurs qu’un révélateur de la manière dont on souhaite encore se faire plaisir au volant, sur route ouverte, loin des chronos de circuit mais au plus près des sensations et de l’imaginaire automobile.

Présentation des deux supercars

Deux interprétations d’un même sommet mécanique

La McLaren 720S et la Ferrari F8 Tributo occupent le même créneau : celui des supercars à moteur central arrière affichant environ 720 chevaux et visant un équilibre délicat entre performance extrême et utilisabilité au quotidien. Elles s’adressent à un public qui ne se contente plus d’un simple symbole de statut social, mais qui recherche une expérience de conduite raffinée, presque intellectuelle.

La Ferrari F8 Tributo est l’héritière directe d’une lignée prestigieuse de berlinettes à moteur v8, tandis que la McLaren 720S incarne l’ambition d’un constructeur plus récent dans le monde des voitures de route, mais profondément ancré dans la compétition. Les deux modèles témoignent d’une même obsession : extraire le maximum d’un moteur thermique avant que l’ère électrique ne vienne rebattre les cartes.

Positionnement et philosophie de marque

Au-delà des chiffres, ces deux supercars se distinguent par leur philosophie. La F8 Tributo capitalise sur un patrimoine émotionnel, une culture de la voiture de sport façonnée par des décennies de succès en compétition et par une présence constante dans l’imaginaire collectif. La 720S, elle, revendique une approche plus scientifique, presque clinique, de la performance, en s’appuyant sur des solutions techniques issues directement de la course.

Ce double positionnement peut se résumer ainsi :

  • Ferrari F8 Tributo : émotion, héritage, continuité d’une lignée de berlinettes v8
  • McLaren 720S : innovation, efficacité, extrapolation de la technologie piste-route

En toile de fond, ce face-à-face prépare un autre terrain de comparaison : celui du design, où se lit de façon particulièrement claire la différence d’approche entre ces deux supercars.

Design et esthétique

Une italienne sculptée par l’histoire

La Ferrari F8 Tributo se présente comme une lecture contemporaine des codes esthétiques de la marque. Ses lignes sont tendues, mais jamais agressives. Le capot plongeant, les prises d’air latérales et la lunette arrière ajourée composent un ensemble qui fait écho à des modèles plus anciens, sans jamais tomber dans la citation littérale.

Le dessin cherche à concilier évocation du passé et impératifs aérodynamiques modernes. Les proportions restent classiques : long capot, habitacle avancé, arrière musclé. L’œil reconnaît immédiatement la signature d’une marque qui a construit son image sur la beauté autant que sur la vitesse.

Une britannique façonnée par le vent

La McLaren 720S adopte une esthétique plus radicale, presque biomorphique. Sa carrosserie semble taillée par le flux d’air, avec ces fameux phares creusés qui servent aussi de conduits de refroidissement, et ces surfaces lisses qui remplacent les appendices aérodynamiques visibles.

Le résultat est une voiture au style plus futuriste, moins immédiatement séduisant pour certains, mais d’une grande cohérence technique. Là où la Ferrari joue sur la séduction émotionnelle, la McLaren assume une forme d’esthétique fonctionnelle, presque minimaliste dans son traitement des volumes.

Comparaison des lignes et de la présence visuelle

Sur un parking de rallye, les réactions des participants sont souvent révélatrices. La F8 Tributo suscite des commentaires sur sa beauté, son élégance, son allure de sculpture roulante. La 720S intrigue davantage : on la trouve spectaculaire, différente, parfois déroutante, mais rarement banale.

Critère Ferrari F8 Tributo McLaren 720S
Style général Classique et émotionnel Futuriste et fonctionnel
Signature visuelle Lignes évoquant l’héritage des berlinettes v8 Surfaces lisses, optiques creusées, silhouette très fluide
Impact immédiat Séduction instinctive Effet de surprise et de curiosité

Cette opposition de style n’est pas qu’une affaire de goût : elle traduit aussi des choix techniques qui se retrouvent au chapitre des performances et des spécifications, là où ces supercars livrent leur véritable discours.

Performances et spécifications techniques

Deux v8 bi-turbo au sommet de leur art

Sur le papier, la McLaren 720S et la Ferrari F8 Tributo s’alignent sur des chiffres presque jumeaux. Les deux embarquent un v8 bi-turbo développant 720 chevaux et 770 Nm de couple, preuve que la barre symbolique des 700 chevaux est devenue, dans ce segment, une forme de norme officieuse.

Les performances en ligne droite sont à l’avenant : les deux voitures revendiquent un 0 à 100 km/h en 2,9 secondes, ce qui les place dans un territoire où l’accélération devient moins une sensation qu’un choc physique. Le 0 à 200 km/h met en évidence un léger avantage en faveur de la F8 Tributo, créditée d’un temps de 7,8 secondes, tandis que la 720S reste au coude à coude.

Chiffres clés : comparaison directe

Caractéristique Ferrari F8 Tributo McLaren 720S
Architecture moteur V8 bi-turbo, 3,8 litres V8 bi-turbo, 4,0 litres
Puissance 720 ch 720 ch
Couple 770 Nm 770 Nm
0 à 100 km/h 2,9 s 2,9 s
0 à 200 km/h 7,8 s Très proche, selon conditions

Cette quasi-parité montre à quel point le segment des supercars est devenu un jeu d’équilibriste, où chaque constructeur cherche à optimiser le moindre paramètre pour gagner quelques dixièmes, tout en conservant une certaine civilité sur route.

Poids, châssis et comportement dynamique

La McLaren 720S profite d’une structure en carbone très légère, qui contribue à un rapport poids/puissance particulièrement favorable. Cette architecture se traduit par une rigidité élevée et une agilité remarquable, notamment lors des enchaînements rapides sur route sinueuse.

La Ferrari F8 Tributo adopte une approche plus classique, mais soigneusement optimisée, avec une répartition des masses étudiée pour préserver la neutralité du comportement. Les systèmes de contrôle électronique, nombreux mais finement calibrés, permettent d’exploiter le potentiel du châssis sans verser dans l’excès.

Une fois les chiffres posés, reste à comprendre comment ces performances s’inscrivent dans une approche plus globale de la technologie, domaine où les deux supercars se montrent particulièrement révélatrices de leur époque.

Technologie et innovation

Aides électroniques et gestion de la puissance

La puissance brute ne suffit plus. Dans ces voitures, la maîtrise électronique est devenue un élément central de la personnalité. La Ferrari F8 Tributo se distingue par une gestion très fine de la motricité, avec des systèmes qui interviennent de manière progressive pour permettre au conducteur de sentir la limite sans la franchir brutalement.

La McLaren 720S, de son côté, met en avant des modes de conduite très différenciés, qui transforment la voiture d’une GT relativement docile en une machine de piste parfaitement affûtée. La gestion de la suspension, de la réponse moteur et de l’anti-patinage se fait de manière presque chirurgicale.

Infodivertissement et ergonomie numérique

Sur le plan de l’interface homme-machine, les deux supercars reflètent des choix culturels distincts. L’habitacle de la Ferrari privilégie une ergonomie orientée conducteur, avec des commandes regroupées sur le volant et une interface jugée souvent plus intuitive. Le système d’infodivertissement se veut complet mais reste secondaire par rapport à la focalisation sur la conduite.

La McLaren propose une présentation plus épurée, avec un écran central vertical et un combiné d’instrumentation qui peut se replier pour laisser apparaître un affichage minimaliste. Cette approche illustre une volonté de désencombrer le champ de vision et de limiter les distractions, tout en offrant un arsenal complet de fonctions connectées.

Consommation et conscience environnementale

Dans un contexte où la pression environnementale se fait plus forte, même les supercars ne peuvent ignorer la question de la consommation. La McLaren 720S affiche des chiffres légèrement meilleurs en milieu urbain et en cycle mixte que la Ferrari F8 Tributo, ce qui peut peser pour un propriétaire qui envisage de rouler régulièrement.

Aspect Ferrari F8 Tributo McLaren 720S
Consommation urbaine (tendance) Plus élevée Légèrement plus contenue
Consommation mixte (tendance) Supérieure Plus favorable
Perception d’efficacité Supercar classique, assumée Supercar un peu plus soucieuse d’efficience

Si ces chiffres restent théoriques dans un univers où la rationalité n’est pas le premier critère d’achat, ils témoignent néanmoins d’une évolution des priorités. Reste à voir comment tout cela se traduit, une fois assise derrière le volant, sur une route de montagne ou un ruban d’asphalte côtier.

Expérience de conduite

Ce que l’on ressent au volant de la Ferrari F8 Tributo

La F8 Tributo offre une expérience très sensorielle. Le v8 bi-turbo, même filtré par les normes actuelles, conserve une sonorité travaillée, avec des montées en régime qui donnent une dimension théâtrale à chaque accélération. La direction est précise, le train avant incisif, et la voiture semble se contracter autour de son conducteur.

Sur les routes de rallye touristique, la Ferrari donne l’impression d’être une extension de soi. Les aides électroniques, bien que présentes, se font oublier au profit d’un dialogue direct entre le conducteur, le châssis et la route. C’est une supercar qui cherche à flatter, à impliquer, à rendre chaque virage mémorable.

Ce que l’on ressent au volant de la McLaren 720S

La McLaren 720S adopte une approche plus analytique de la performance. Le v8 bi-turbo, plus discret à bas régime, libère une poussée impressionnante dès que l’on sollicite réellement l’accélérateur. L’auto donne le sentiment de maîtriser en permanence les forces en jeu, comme si elle anticipait les réactions de la route.

La visibilité, étonnamment bonne pour une supercar, contribue à une confiance immédiate. La suspension, capable de filtrer les irrégularités avec une efficacité surprenante, permet d’envisager de longs trajets sans fatigue excessive. Sur un parcours sinueux, la 720S impressionne par sa capacité à rester imperturbable, même lorsque le rythme s’élève.

Conduite au quotidien et sur longue distance

Dans un contexte de rallye touristique, où alternent petites routes, traversées de villages et portions rapides, les deux supercars révèlent leur capacité à s’extraire du simple rôle d’outil de circuit. La Ferrari privilégie la connexion émotionnelle, au prix parfois d’une fermeté plus marquée. La McLaren mise davantage sur la polyvalence, avec une suspension plus conciliante et une gestion de la mécanique qui sait se faire douce.

  • F8 Tributo : idéale pour qui veut vivre chaque trajet comme un moment intense
  • 720S : mieux adaptée à un usage plus régulier, y compris sur de longues distances

Cette différence de caractère s’invite naturellement dans la réflexion sur le rapport qualité-prix, domaine où les critères dépassent largement la seule notion de coût d’achat.

Rapport qualité-prix

Coût d’acquisition et de possession

Dans cette catégorie, parler de rapport qualité-prix peut sembler paradoxal. Pourtant, même au sommet de la pyramide automobile, les acheteurs comparent, calculent, anticipent la valeur résiduelle et les coûts d’entretien. La Ferrari F8 Tributo bénéficie d’une image de marque extrêmement forte, qui se traduit souvent par une bonne tenue des valeurs sur le marché de l’occasion.

La McLaren 720S, plus récente dans l’univers des voitures de route, peut afficher une décote plus marquée, ce qui la rend parfois plus accessible sur le marché secondaire. En contrepartie, certains propriétaires prennent en compte la spécificité du réseau et la perception, encore en construction, de la marque auprès du grand public.

Valeur perçue : image, rareté et symbolique

Le prix d’une supercar ne s’évalue pas uniquement en euros. Il se mesure aussi en symbolique. La Ferrari F8 Tributo incarne une forme de continuité : posséder une berlinette v8 de ce constructeur, c’est s’inscrire dans une histoire, une culture, un imaginaire partagé bien au-delà du cercle des passionnés.

La McLaren 720S, elle, séduit ceux qui recherchent une forme de distinction plus discrète, presque initiatique. Son image reste très associée à la performance pure et à la technologie, ce qui attire un public sensible à l’idée de conduire une voiture perçue comme plus pointue, moins conventionnelle.

Comparaison synthétique du rapport qualité-prix

Aspect Ferrari F8 Tributo McLaren 720S
Image de marque Patrimoine et aura mondiale Technicité et exclusivité plus confidentielle
Valeur résiduelle (tendance) Généralement solide Décote plus marquée
Perception de l’investissement Objet de collection en devenir Supercar très performante, parfois plus accessible en seconde main

À ce niveau, le choix dépasse largement la rationalité. Il s’agit moins de trouver la bonne affaire que de déterminer quelle supercar correspond le mieux à sa propre relation à l’automobile, ce qui nous amène naturellement à la question centrale.

Conclusion : quelle supercar choisir ?

Deux supercars, deux visions de la passion automobile

Entre la McLaren 720S et la Ferrari F8 Tributo, il n’existe pas de vainqueur absolu, mais deux réponses cohérentes à une même envie de vitesse et de beauté mécanique. La F8 Tributo s’adresse à celles et ceux qui privilégient l’émotion immédiate, la continuité d’une lignée de berlinettes v8 et une esthétique qui parle autant au cœur qu’à la raison. La 720S séduit par son approche technique, sa légèreté, son efficacité et une certaine forme de discrétion sophistiquée.

Sur un rallye touristique, la Ferrari fera vibrer par sa présence et son caractère, tandis que la McLaren impressionnera par sa facilité déconcertante à avaler les kilomètres à un rythme très élevé. L’une capitalise sur un héritage, l’autre sur une vision d’ingénieur. Choisir entre les deux, c’est finalement décider quelle histoire on souhaite raconter chaque fois que l’on tourne la clé, ou que l’on appuie sur le bouton de démarrage.

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